CHATEAU DE MONTIERES

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LE CHÂTEAU DE MONTIERES

Sauvé de la destruction grâce

à une association de sauvegarde

L'histoire du château de Montières, à Amiens, est digne d'un roman à rebondissement.

Elle débute en 1820, année de sa construction par le baron Fouache d'Halloy de Hocquincourt. La France, cette année-là est revenue sous un régime monarchiste, avec Louis XVIII sur le trône. C'est le temps de la Restauration.

Le château de Montières lorsqu'il fut cédé pour le franc symbolique à une communaté religieuse.

Très dévôts, les Fouache d'Halloy de Hocquincourt ouvraient le parc du château aux processions religieuses paroisiales.

Issu d'une famille anoblie en 1705, le baron Fouache d'Halloy de Hocquincourt est haut magistrat en Picardie. Ses ressources importantes lui permettent de faire construire en 1820 son propre château en bordure d'un hameau d'Amiens à l'écart de la ville, Montières. Les terres agricoles attenantes à sa majestueuse demeure assurent des revenus suffisants pour régler les factures d'architecte et des entreprises du bâtiment.

Dans le département de la Somme, ce n'est pas l'unique château en cours de construction ou en projet dans ce 19è siècle bouillonnant politiquement, socialement et économiquement. Onze autres verront le jour durant cette période.

Les Fouache d'Halloy de Hocquincourt répondent en tous points à la caricature d'une aristocratie souvent épinglée dans la presse satirique de l'époque : toujours flanquée d'un curé.

La famille est d'une dévotion sans faille. Les grandes fêtes du calendrier catholique donnent lieu à des processions dans le parc où des autels provisoires (des reposoirs) sont dressés pour l'adoration du Saint-Sacrement, ou pour le Chemin de croix. Ou encore pour la procession des nouveaux communiants de la paroisse.

Selon ce qu'on en sait de nos jours, il apparaît que cette famille s'est souvent appliquée à ouvrir sa propriété sur la vie du faubourg de Montières devenu au 20è siècle un quartier mixte de maisons ouvrières et de cadres de l'industrie textile.

La Ville d'Amiens, devenue propriétaire du château de Montières en 1971 pour le franc symbolique le laissa ouvert à tous les vents et aux squatters. Comme pour accélérer une mise à l'état de ruine pour justifier une destruction.

Mais la suite fut plus heureuse, malgré l'incendie de 1989.

Fort heureusement, l'un des ses adjoints, Serge Delignière, s'y opposa catégoriquement. En accord avec la muncipalité, qui avait pris ses distances sur ce point avec le maire, la mise hors d'eau fut réalisée par la classe de couverture du lycée du Bâtiment de Saint-Acheul, avec intention de rénover la toiture ultérieurement dans le cadre de travaux pratiques d'apprentissage.

Le projet de travaux d'application de cette classe n'eut pas le temps de se mettre en place.

Le pire arriva, en 1989 lorsque des occupants de passage faisant un barbecue dans le parc eurent l'idée de jeter des braises incandescentes à l'intérieur du château. Le feu démarra par l'embrasement d'un escalier en bois puis se communiqua au reste de l'édifice.

N'était-ce pas là un but recherché pour se débarrasser d'une charge jugée encombrante ?

Sous l'impulsion d'une Association de Sauvegarde, il faut croire que le château restait sous bonne garde, malgré tous ses maheurs.

Les élections municipales de 1989 mirent en place une nouvelle équipe autour du député Gilles de Robien, lequel eut charge de faire réaliser les travaux, avec la restauration complète des charpentes et des toitures "à la Mansard".

Un nouveau projet vit le jour, sauvant définitivement l'édifice.

Un double projet en réalité. Dans le parc, à proximité, une nouvelle construction fut élevée pour une résidence de personnes retraitées. Les résidents vivent ainsi dans un cadre exceptionnel, avec vue sur le parc et le château.

Le château est en partie géré par la Société Immobilère de Picardie (SIP-HLM) qui a divisé les étages supérieurs en quelques appartements locatifs. C'est la vie de château pour les locataires...

Cela répond surtout à l'esprit de la dernière baronne d'Halloy de Hocquincourt ayant habité la demeure jusqu'à la fin de la Seconde guerre mondiale. Avant de mourir, elle avait voulu mettre le château à la disposition de tous avec une vocation sociale.

Quant au parc, il est ouvert au public. Nombreux sont les habitants de Montières à s'y retrouver. Ils sont ici "chez eux".

 

PAR MAURICE DUVANEL

ET PIERRE MABIRE

 

 

N 1820, Louis XVIII s'emploie à faire oublier les années napoléoniennes qui ont dressé le reste de l'Europe contre le pays. Il veut aussi faire oublier les années révolutionnaires ternies par la Terreur.

Le clergé reprend la main sur l'un des ses terrains de prédilection : l'école.

Le roi – frère cadet de Louis XVI – ne dispose toutefois pas du pouvoir absolu. Les lois sont votées par un parlement élu par des électeurs en situation de payer le cens, un impôt sur le revenu. Ne sont électeurs que ceux payant à l'Etat au moins 300 francs de l'époque.

Cela signifie que le parlement est représentatif des familles fortunées de la nation. La haute bourgeoisie est dominante.

Deux secteurs de l'Etat restent toutefois des domaines où la noblesse excelle et en fait sa chasse gardée : l'armée et la justice. C'est elle qui compose l'élite militaire et détient les principaux postes de commandement. C'est encore la noblesse qui occupe le haut rang de la hiérarchie judiciaire, dans la magistrature debout (les parquets) comme dans la magistrature assise (les juges du fond).

Le baron Alphonse-Charles, l'un des membres de la lignée.

Dans les années 1930 ou 40.

Dans les années suivant la fin de la Première guerre mondiale, certains de ses membres seront décimés par la terrible grippe espagnole. La Seconde guerre mondiale sera une très dure épreuve avec l'occupation du château par l'armée allemande. La ferme sera quasiment réquisitionnée pour nourrir les officiers installés dans les belles pièces tandis que la baronne avait dû se contenter de vivre sous les combles.

A la Libération, l'état du château laissait à désirer. La toiture ayant perdu des ardoises, voyait l'eau de pluie s'infiltrer dans la demeure. Aussi, vers 1946, la baronne, faute de moyens, fit don du château à la Communauté missionnaire Notre-Dame-des-Apôtres – communauté de religieuses dispensant des soins à la population.

Toutefois, les sœurs n'eurent pas les moyens financiers pour réparer la toiture. En 1971, elles vendirent le château à la Ville d'Amiens pour le franc symbolique. Dès lors, il fut permis de penser que la belle demeure des Fouache d'Halloy de Hocquincourt serait mise au centre d'un beau projet culturel ou social. Comme par exemple, un lieu d'expositions d'art, de concerts ou de conférences. Ou encore un centre d'hébergement de colonies de vacances.

Il n'en fut rien. La municipalité de l'époque s'en désintéressa, laissant le château ouvert à tous les vents, aux pillards qui dérobèrent des cheminées, des panneaux de peintures murales. Mais encore aux squatters trouvant là un abri spacieux.

Le maire de l'époque, René Lamps n'avait pas caché son intention de faire raser le château, trop coûteux à faire restaurer, selon son avis.

Avant l'incendie, l'ancien maire René Lamps avait voulu faire raser le château de Montières, à cause de coûts de restauration qu'il jugeait trop élevés.

Son adjoint Serge Delignière s'y était opposé.

Le maire suivant, Gilles de Robien, fit construire une résidence pour retraités dans le parc. La SIP-HLM gère mainteant les étages supérieurs divisés en appartements locatifs.

La volonté de la dernière occupante, la baronne d'Halloy de Hocquincourt, d'orienter le château vers une vocation sociale est respectée.

Ouvert à tous les vents et aux squatters, le château, devenu propriété de la Ville d'Amiens pour le franc symbolique, avait été incendié en 1989 par des inconnus qui faisaient un barbecue dans le parc, puis avaient jeté des braises incandescentes à l'intérieur de l'édifice, mettant le feu à un escalier de bois.

Le maire de l'époque, René Lamps, préalablement au sinistre, avait annoncé son intention de le faire abattre. Mais son adjoint Serge Delignière s'y était opposé.

Le successeur de M. Lamps, le député Gilles de Robien, le fit remettre en état pour qu'il devienne une maison de retraite. C'était dans l'esprit de la baronne d'Halloy de Hocquincourt qui avait voulu donner au château une vocation sociale.

Comme dans toutes les familles, les Fouache d'Halloy de Hocquincourt aimaient à retrouver leur propre passé grâce à un album dans lequel étaient conservés les évènements heureux et malheureux.

Dans l'album des barons Fouache d'Halloy de Hocquincourt

Une partie de la famille dans le parc du château

Le retour des chasseurs.

Pose photo avec les chiens.

Le ferme attenante au château était une source de revenus importants pour l'entretien de la toiture.

Le chauffeur de Monsieur le baron.

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Chés Nazus

On appelle ainsi les enfants d'Amiens et des alentours qui ont souvent le nez qui coule...

Quel que soit l'âge, pour entrer dans ces pages, il faut avoir gardé son coeur d'enfant.

 

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Dans la boîte à courrier

Danièle Prévot, Amiens : "Membre de l'Association du Château de Montières, je me permets d'apporter quelques précisions concernant l'occupation actuelle du Château.

- Le rez de chaussée est utilisé par un centre de loisirs maternel et la maison de retraite (un sas vitré relie la maison de retraite et le château)

- Les étages sont gérés par la société de la SIP

- Le parc du Château est un parc public

Cordialement"

Notre réponse : Merci à l'association de sauvegarde du Château de Montières pour toutes ces précisions. Cette association fut l'âme du sauvetage de l'édifice qui fait la fierté des habitants de Montières.

 

NATHALIE - Amiens : "Sauf erreur de ma part, la maison de retraite se trouve sur le côté du château...dans un bâtiment annexe...A l'intérieur du château se trouvent des logements sociaux...cordialement".