LE PARVIS DE NOTRE-DAME

Chés Nazus

On appelle ainsi les enfants d'Amiens et des alentours qui ont souvent le nez qui coule...

Quel que soit l'âge, pour entrer dans ces pages, il faut avoir gardé son coeur d'enfant.

 

Depuis nos ancêtres de l'Acheuléen...

Nous racontons dans ces pages, de façon illustrée et distrayante les pages heureuses et sombres de l'Histoire des "Samariens" (habitants de la Somme et d'Amiens), depuis qu'on en sait quelque chose.

Le dernier monarque à se rendre officiellement sur le parvis de Notre-Dame d'Amiens fut... François Mitterrand, président de la République, venu célébrer le millénaire de la fondation de la France capétienne, en compagnie du comte de Paris, successeur au trône. Avant lui, il y avait eu le Général de Gaulle (1947) qui avait combattu sur le front de la Somme jusqu'à la limite de ses réserves de munitions, et le Premier Consul Napoléon Bonaparte (1802) pour lequel un Te Deum fut chanté.

L'empereur Napoléon III fut reçu à la cathédrale en grande pompe en 1854. Louis XIII s'y rendit en 1638. Le très aimé Henri IV, libérateur d'Amiens d'une terrible occupation espagnole en 1597, entra par le porche principal pour entendre « son » Te Deum.

L'unique mariage royal célébré à Notre-Dame d'Amiens fut celui de Charles VI « le Bien-Aimé » avec Isabeau de Bavière (1375).

Le parvis de la cathédrale Notre-Dame d'Amiens

Jusqu'au début du 20è siècle, la cathédrale Notre-Dame d'Amiens ne disposait pas d'un vaste parvis comme aujourd'hui. Jusqu'alors, la façade principale donnait sur une rue de cinq à six mètres de large bordée de maisons. L'idée de créer une place, telle que nous la connaissons aujourd'hui, date donc depuis un siècle et demi environ seulement. Les municipalités de l'époque, dont celles où siégea Jules Verne, s'appliquèrent à réaliser une opération foncière en faisant acquérir par la Ville les immeubles en vente, ou en procédant par expropriation. Après 1900, un large carré d'habitation fut abattu, la place Notre-Dame créée et bordée de demeures cossues de style néo-gothique.

Photo de la cathédrale émergeant de la cité,

vers 1890.

L'une des premières photos aériennes prise par un aviateur de la Grande Guerre 1914-18.

Procession de reliques (probablement celles de Saint-Firmin, premier évêque d'Amiens), vers 1900.

Autrefois, les cérémonies religieuses donnaient lieu à de grandes processions. Au-delà de la dévotion, c'était une façon pour l'Eglise catholique de montrer sa puissance et sa force d'imprégnation au sein de la population. Notamment dans des périodes où elle était controversée, voire combattue. Comme par exemple sous la Troisième République où elle mena un bras de fer avec des gouvernants prônant la laïcité et les vertus républicaines nées dans l'idéal de la Révolution Française. La « déclergification » de l'enseignement public, puis la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat (1905), furent des temps forts de rapports conflictuels entre les évêques et l'Etat.

 

Photos ci-dessus et ci-contre : le parvis lors des obsèque de Mgr Dizien (1915).

Ci-dessus : le maréchal Foch, en 1920, sur le parvis, salue les troupes venues rendre les honneurs aux alliés vainqueurs de la Grande guerre.

A droite : la construction des demeures néogothiques, vers 1903, place Notre-Dame..

Ces deux photos illustrent un aspect de la destruction d'Amiens en 1940. L'armée hitlerienne entrée dans la ville le 21 mai, n'eut de cesse d'incendier les immeubles qui n'avaient pas été bombardés, après les avoir intégralement pillés. Comme par exemple ceux de la place Notre-Dame, emplis de beaux meubles et d'objets de valeur que les propriétaires, en exode, avaient laissés sur place, sans grand espoir de les récupérer.

Aspect des abords de la cathédrale Notre-Dame d'Amiens durant l'Occupation.

La place Notre-Dame, longtemps abandonnée, laissée à l'état de friche, retrouva son intimité, sa beauté et ses couleurs sous le trait de l'architecte Bernard Huet, grand spécialiste de la rénovation urbaine dans les secteurs historiques sensibles.