PLANS D'AMIENS

Copyright © All Rights Reserved

chés-nazus.fr

Plans d'Amiens

Pour mieux comprendre la cité

Un plan de ville ne fait pas que renseigner sur les noms des places et des artères principales et secondaires. C'est un indicateur majeur permettant de comprendre l'Histoire ancienne de la ville. Faut-il encore pouvoir le décrypter. Cette page a pour but d'expliquer les évolutions d'Amiens à différentes époques.

200 maisons abattues pour construire la Citadelle

Amiens en 1700. Plan Maurice Duvanel

La citadelle, selon le plan de Pinsard

(19è siècle).

Revue militaire à la citadelle d'Amiens,

vers 1900.

Ce plan réalisé par Maurice Duvanel est intéressant à plusieurs titres.

- Il pointe l'emplacement des moulins sur les canaux de la cité basse au début du 18è siècle. L'économie de la cité est en grande partie sous le contrôle de l'évêché qui possède la plupart des moulins. L'Eglise catholique, à cette époque est très puissante. Depuis l'édit de Fontainebleau (1685) révoquant l'édit de Nantes signé par Louis XIV, elle est la seule religion autorisée dans le royaume. Afin de ne pas subir la répression royale, les élites de la cité de confession réformée se sont exilées vers la Hollande ou d'autres pays tolérants. Comme tous les habitants du pays, les Amiénois n'ont pas d'autre choix sur le plan de la spiritualité que le catholicisme et de payer la redevance au Chapitre de la Cathédrale, c'est-à-dire emplir la cassette de l'évêque.

- Il montre la disposition des remparts qui protègent la cité des attaques extérieures. Des fortins sont disposés en divers endroits. Lorsque les remparts seront supprimés au 19è siècle, ils laisseront place aux boulevards intérieurs (Boulevards d'Alasace-Lorraine, de Belfort, Albert 1er, Maignan La-Rivière), et à la tranchée ferroviaire séparant le centre-ville des quartiers Saint-Anne, Henriville, Saint-Honoré et Saint-Roch, qui emprunte les anciennes douves médiévales.

- La citadelle, qui n'apparaît pas sur le plan d'Amiens du XVè siècle, occupe désormais une place très importante au nord de la cité. Elle fut construite par la volonté d'Henri IV qui avait dû libérer Amiens de sa prise par l'armée espagnole (1597). Construite à partir de 1598, et fut achevée en 1610 (année de la mort d'Henri IV). Il avait été nécessaire d'abattre 200 maisons et de remanier les remparts nord élevés sous le règne de Philippe-Auguste. Les premiers militaires à occuper cette garnison fut une armée de mercenaires, des gardes suisses, que les Amiénois durent entretenir à leurs frais – ce qui ruina en grande partie l'économie locale, en même temps que la ville perdait ses libertés communales.

 

Extrait de Wikipedia :

"La citadelle d'Amiens fut le siège de l'armée pendant plusieurs siècles, jusqu'en 1993. Elle deviendra prochainement le nouveau pôle universitaire d'Amiens et de Picardie.

Sur le plan de la mémoire, elle restera à jamais un haut lieu de résistance et de souffrances.

En 1870, lors de l'invasion prussienne, de dernier carré de garde militaire avait tenu bon jusqu'à la mort de son chef, tué sur les remparts, le capitaine Jean-François Vogel.

Durand la Seconde Guerre Mondiale, la citadelle fut le dernier lieu de résistance à l'entrée des Allemands dans Amiens le 20 mai 1940. Le commandant Thuillier fit sortir des locaux disciplinaires 80 détenus et leur fournit des armes. Ils prirent position dans les fossés nord. Un demi-peloton de gardes mobiles prit position au sud, à l'entrée de la citadelle. Les combats prirent fin vers 16 h, faute de munitions et de vivres.

Le général Gondy, donna l'ordre d'évacuation de la citadelle et replia son poste de commandement au château de Saveuse.

Des prisonniers faits au cours de la Bataille d'Amiens par l'armée allemande furent détenus à la citadelle. Des Tirailleurs algériens, marocains ou sénégalais parmi eux 163 officiers, sous-officiers et soldats réussirent à s'enfuir grâce à l'action de patriotes, entre 1940 et 1942.

Pendant l'Occupation, la citadelle fut un lieu de détention, de torture et d'exécution de résistants arrêtés par les Allemands. 35 résistants ont été fusillés dans les fossés de la citadelle entre le 12 novembre 1940 et août 1944, dont onze membres du « Groupe Michel », le 2 août 1943.

Des Juifs du département de la Somme furent également détenus à la citadelle avant leur transfèrement vers Drancy."

Amiens derrière ses hauts remparts

Ce plan signé Maurice Duvanel est de réalisation récente (21è S.). L'auteur nous montre le schéma de ville au Moyen-âge (XVè siècle) à travers l'emplacement des églises et différents couvents. C'était à une époque très fortement marquée par l'emprise du catholicisme sur la population.

Amiens était enfermée derrière des remparts pour se défendre des attaques ennemies – l'Espagne étant l'adversaire principale qui, à l'époque, contrôlait l'Artois. Doullens était la position avancée des Espagnols pour attaquer Amiens. Il fallait donc se protéger.

La porte de la Barbacane

Le bastion de Guyencourt

La porte de la Hautoye

Ce plan, qui est également une reconstitution de la ville au Moyen-âge, indique l'emplacement des bâtiments publics, des places et rues principales.

Les légendes de côté sont une aide précieuse à la lecture.

Voici un plan signé de l'architecte Pinsard (19è siècle) qui apporte de l'eau au moulin des reconstructeurs du pourtour de la cathédrale d'Amiens.

On se souvient en effet des pétitions, protestations et déclarations contre la construction d'immeubles autour de Notre-Dame d'Amiens au motif qu'ils cacheront l'édifice. Un demi-siècle après le bombardement d'Amiens de mai 1940, on se disputait encore entre Amiénois à propos de ce qu'il fallait faire ou ne pas faire.

Finalement, dans les années 1980-90, décision fut prise de reconquérir les espaces laissés vides, devenus des friches et des terrains vagues.

D'une part par l'ancien maire René Lamps, dont la municipalité avait opté pour un plan d'urbanisme conçu par l'architecte Luxembourgeois Rob Krier. Son projet était très influencé par les genres flamand et germanique.

D'autre part par le maire suivant, Gilles de Robien, dont la municipalité rompit avec le projet de Rob Krier et opta pour celui de l'architecte-urbaniste Bernard Huet, spécialiste des interventions en secteur historique sensible.

Ce plan de l'architecte amiénois Pinsard montre surtout la cathédrale dans son élément de l'époque : au cœur d'un quartier très dense, avec en façade Ouest un parvis très réduit, ne faisant que le tiers de l'espace actuel. Il fallait arriver sur les lieux pour que l'édifice surgisse aux yeux du passant et l'impressionne fortement, ainsi que l'avaient voulu les bâtisseurs du 13è siècles.

L'invention de la photographi fit qu'on réclama un peu plus de recul pour faire entrer la cathédrale en entier sur la plaque sensible des preneurs de vue. C'est à la fin du 19è siècle et début du 20è siècles seulement qu'on songea à créer la place Notre-Dame dans le périmètre d'aujourd'hui. C'était seulement pour satisfaire l'oeil des capteurs d'image.

Voilà dont racontée par ce plan la Genèse du parvis de Notre-Dame d'Amiens et des ses alentours.

 

Ces deux gravures signées Duthoit (19è siècle) montre la cathédrale entourée d'immeubles. Ses bâtisseurs avaient voulu qu'elle s'élève au coeur de la ville, au milieu de tous ses habitants.

Ce détail d'un plan de l'architecte Pinsard montre avec précision le pourtour immédiat de la cathédrale avant la création du parvis Notre-Dame au début du 20è siècle. Le parvis fut reconstitué dans les années 1990 sous le mandat de Gilles de Robien, député-maire, selon le plan de l'architecte Bernard Huet, specialiste des interventions en secteur historique sensible.

Réagissez en nous écrivant avec le formulaire ci-contre

Daniel Bernard : "Super travail bravo".

 

 

Dans la boîte à courrier

La cathédrale Notre-Dame d'Amiens dans son quartier

Chés Nazus

On appelle ainsi les enfants d'Amiens et des alentours qui ont souvent le nez qui coule...

Quel que soit l'âge, pour entrer dans ces pages, il faut avoir gardé son coeur d'enfant.

 

Disponibles à la Librairie MARTELLE, à Amiens.